J'aime qu'un auteur me tire vers le haut (c'est une image) et m'apprenne des choses, mais l'usage intensif (l'abus ?) de vocabulaire enrichi peut légèrement, très légèrement, gâter mon plaisir de lectrice. Mais c'est sans doute parce que je suis une fainéante qui rechigne à se promener partout avec un Petit Larousse dans la poche. ça déforme les vêtements.

Le dernier auteur qui m'avait fait ce coup-là, c'était Umberto Ecco, mais, Dieu merci ! Ricardo Salvador est beaucoup plus drôle. Son accumulation de cadavres dans la bonne humeur a quelque chose de jubilatoire, et la dédicace à Gotlib et Brassens est tout à fait justifiée. Le propos est souvent décalé, voire absurde, et par là-même désopilant. Quand j'ai lu la description du projet de restructuration du zoo, j'ai éclaté de rire (jaune) et je me suis dit que, finalement, nous sommes tous des Orang-Outans.

Bref, si vous avez envie de passer un bon moment de lecture, procurez-vous La Zygène de la Filipendule (je vous laisse découvrir par vous-même d'où vient ce titre) et n'hésitez pas à me laisser votre avis.

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Le quatrième de couverture :

Dans l’enceinte d’un zoo en faillite voué à une reconversion en centre de
loisirs, un des repreneurs chargés de fermer le site est retrouvé assassiné. Un
commissaire – qui souffre d’une homonymie fâcheuse avec un célèbre policier
belge – mène l'enquête, aidé en cela par un médecin légiste déjanté et un
inspecteur aussi dévoué qu'inefficace.

L'autopsie aboutit à un premier
constat improbable : c’est un éléphant qui aurait fait le coup ! Ou un ours… ou
peut-être bien les deux ? Mais ce n'est qu'un début, un second cadavre fait
bientôt son apparition, puis un troisième...

Dans cette jungle urbaine,
tout le monde se retrouve dans le collimateur du commissaire : Nestor, le
soigneur du zoo, son frère Pollux, bohème notoire et joueur endetté, le
directeur du zoo idéaliste alcoolo, l'ambitieux sous-directeur, les membres du
conseil d’administration, Joséphine la femme de service, sorcière à ses heures,
et Ginette, la caissière, qui se prépare à une nouvelle invasion
teutonne...

Immergé dans un univers où les plus dangereux prédateurs ne
sont pas forcément ceux que l'on croit, le policier patauge et l'enquête
piétine.

Ajoutez à cela des vautours rigolards, un orang-outan amateur
d’équations différentielles, un lama psychopathe, un tigre végétarien, un couple
de dendrobates, sans oublier la fameuse "zygène", et vous obtiendrez un roman
dé-zoo-pilant...